Collection
Route 66
L’infrastructure du mythe.
De Chicago à Santa Monica, Route 66 est racontée sans nostalgie illustrative. Ponts, stations, motels, virages et monuments populaires deviennent des formes silencieuses, déplacées juste assez pour faire basculer le réel.

La route naît dans un canyon industriel où une ligne d’asphalte se glisse entre pierre claire, verre et acier.

Une station blanche et une pompe rouge deviennent un signal vertical sous un ciel chargé, au bord d’un paysage presque vide.

Le Chain of Rocks Bridge se plie au-dessus du Mississippi comme une charnière improbable entre deux directions.

La baleine bleue de Catoosa devient une architecture aquatique autonome, entre sculpture, bassin et horizon rural.

À Amarillo, la voiture enfouie n’est plus un objet pop mais une relique métallique dressée dans le vide.

Une façade de motel est réduite à une séquence de portes turquoise, de murs ivoire et d’ombres obliques.

La route blanche s’enroule dans la terre sombre comme une incision géométrique, sans véhicule ni destination visible.

À Holbrook, une façade conique blanche devient un seuil abstrait, marqué d’un seul rythme rouge.

Le signe de Roy’s perd une partie de son langage ; il reste une flèche rouge, une ombre et l’horizon désertique.

La route s’achève sous la jetée : une ombre monumentale traverse le sable humide tandis que l’océan efface la destination.
